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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 15:54

Si mes premiers tours de roue hors goudron et surtout dans le sable ont ete catastrophiques, la technique commence a venir. J'ai l'impression d'avoir fait un grand pas lorsque j'ai admis que les guidonages ne sont pas dus directement a la geometrie de la moto ou au sol, mais au pilote. C'est le pilote qui les genere lorsque la reaction du sol n'est pas habituelle. Vu la frousse et qu'on ne fait pas du tout expres lorsque ca arrive, et qu'on fait tout son possible pour retenir le guidon, c'est vraiment dur a reconnaitre, mais finalement, je dois me rendre a l'evidence...

J'ai donc a present certaines regles de conduite :

  • position toujours debout sur les cales pieds
  • le guidon se tient tres legerement, surtout pas serre, il faut le laisser vivre sa vie
  • pour tourner, on ne tourne pas le guidon, mais on penche la moto a droite ou a gauche avec les mollets contre le reservoir
  • si c'est mou (sable ou boue) on met tout le poids (les fesses, quoi) en arriere pour laisser le train avant flotter librement
  • Ne jamais freiner, ni de l'avant ni de l'arrière
  • Ne jamais couper les gaz en entrant dans une zonne difficile
  • Ne jamais rouler en débrayant, pour garder une bonne traction
  • Avant un passage dans le sable, tomber un rapport, mais garder la même vitesse pour la moto


Note importante : les suspensions de la KTM sont merveilleuses.


Voila, les habitués de raids et de l'enduro sont bienvenus pour corriger et compléter toutes ces règles que j'ai trouvé au fil des kilomètres et qui m'ont paru plutôt efficaces.
Ce voyage me donne en tout cas sérieusement envie d'un petit stage d'enduro pour avoir les bases de la technique et passer partout sans trop de crainte. Je ne sais pas encore sauter proprement une bosse ni un fossé, par exemple...


Rappel : maintes fois durant le périple, j'ai encensé les suspensions de la 640 Adventure, autant sur les routes Ukrainiennes en mauvais état que dans la steppe.



Honnêtement, la steppe Mongole, en tout cas au niveau des pistes que j'ai emprunté, est vraiment facile, accessible a un débutant et rarement piégeante. C'est justement ca le piège : on fait 100 km sans aucun soucis, l'attention diminue, la vitesse augmente, et puis c'est le drame : tout d'un coup y'a une mauvaise ornière boueuse et patatrak, la moto est par terre. Bilan : la moto posée sur sa valise, et le Loïc assis a cote, sur ses fesses et sa pseudo technique. Ca a été ma seule chute sur plus de 1000 km hors bitume. Cela me parait assez miraculeux, car des frayeurs, dues au sable, et des "tout droit", il y en a eu en pagaille par contre.

Un piege, c'est aussi les ponts qui n'en sont pas vraiment (mais on s'en rend compte qu'une fois tout pres :

N'importe quelle moto avec des suspensions a grand débattement (attention, les journaux et fiches techniques parlent parfois de grand débattements alors que lorsqu'on regarde la valeur numérique on est loin d'avoir les capacités de tout terrain. Je m'etais amuse a les classer il y a quelques temps... c'est dispo ici.

Pour ne pas oublier : Non seulement la tenue de route a été sans reproche, mais en plus le confort offert par les suspensions WP de la KTM a été absolument royal.


Dans la steppe, en général il y a une multitude de pistes plus ou moins parallèles. Normalement, elles se retrouvent ensemble à l'arrivée. Souvent le but du jeu consiste à suivre une ligne électrique sur quelques centaines de kilomètres. Il y a forcement des habitations ou une ville au bout. Ca rassure.
J'ai aussi souvent eu le cas d'une vraie route en construction, accessible, mais composée de pierres concassées. La piste est alors hyper cassante pour la mécanique, le pilote et les pneus. La route est donc délaissée au profit des dizaines de pistes adjacentes plus confortables et sécurisantes. Un comble.


Message subliminal : les suspensions de la KTM sont extraordinaires.


J'avais avec moi 3 cartes. Sur 2 des cartes, les villages sont bien places, mais les routes sont jusque 50 km décalées par rapport au trace. Le GPS est bien pratique. Il ne guide pas vraiment, mais il donne au moins de l'assurance. La navigation hors piste, au cap, avec juste les coordonnes GPS du temple perdu dans les collines 35 km plus loin, font partie des grands plaisirs.
La carte la plus précise est celle en cyrillique. Je l'ai aussi en format informatique. Il ne reste qu'à la calibrer pour la mettre dans votre GPS si vous allez rouler par la bas.


Si vous n'aviez pas encore remarque : J'adore les suspensions de cette moto. Ca ne se voit pas sur une fiche technique mais c'est vraiment une qualité au top.

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 02:56
... mais "j'vais aller sous la yourte"

18 heures. Je roule dans la steppe, me perds et m'y retrouve depuis 6 heures avec juste une pause pour remplir le reservoir d'essence (indice 92). La piste n'en finit pas et je n'en vois pas le bout. Ne voulant pas rouler de nuit il faudra bivouaquer en chemin. Il me revient alors a l'esprit que je ne suis pas venu pour visiter mais pour vivre des choses. On m'a dit aussi de ne pas hesiter a frapper a la porte des yourtes. J'en ai justement apercu 2, a 2 ou 3km de la piste. C'est le moment de me lancer et d'aller vraiment a la decouverte de la Mongolie.

3 gros chiens noirs aboient a mon approche. Je ne vois personne les rappeler et on m'a dit de m'en mefier, mais ils restent a une dizaine de metres de la yourte et semblent plus jouer un role d'alarme. De toute facon, s'ils me mordent, je les mordrai aussi. Na.
Le temps de descendre de la moto, une vieille femme sort et vient a ma rencontre. Comment dire "Bonjour, puis-je manger avec vous et planter ma tente a proximite?" lorsque l'on ne connait pas un seul mot de Mongol?

En fait, elle ne prononcera pas un mot, et me fera signe d'entrer par la porte basse, et de m'asseoir sur un petit tabouret. A l'interieur 3 hommes sont en train de manger leur soupe. Ils levent a peine leur nez de leur bol a mon arrivee, et deja la vieille femme me glisse  un bol de soupe qui devait etre le sien avant que je ne debarque.

Si exterieurement les yourtes sont toutes les memes, blanches, sobres et demontables rapidement, l'interieur est lui bien plus chaleureux et decore avec du gout (et un pinceau). La porte d'entree, peinte avec des motifs de fleurs multicolores est tres basse et je m'y cognerai souvent. A noter qu'il serait malvenu et impoli de rester sur le pas de la porte, mais vu la hauteur, il faudrait etre maso pour reste plie en deux comme ca. Une fois a l'interieur, par contre, on tient debout sans probleme (sauf a abuser de la vodka, mais c'est une autre histoire). Invariablement le poele se trouve au centre de la piece unique. Il fonctionne du matin au soir pour chauffer les os des convives et ceux de la soupe. Il est surprenant de voir a quel point il faut chaud sous la yourte! C'est la porte d'entree qui joue le role de thermostat.
Le reste du mobilier est situe a la peripherie laissant ainsi un grand espace de vie autour du fourneau. 2 lits, 1 coffre, 2 sceaux d'eau, une horloge kitch made in China, et une commode avec un cadre plein de photos ou l'on retrouve cote a cote le grand pere qui dort au ciel, le Dalai lama et une pin up d'un journal de mode.
Le sol en bois est recouvert d'un tapis epais sur lequel on marche sans se dechausser.

Est ce le bruit du monocylindre, ou la poussieresur mon bas de pantalon? Ils ont bien compris que je suis arrive en moto. Du coup apres manger ils sortent jeter un oeil a ma monture et reviennent une minute plus tard emerveilles avec des etoiles dans les yeux. Ce qui les impressionne le plus, c'est la hauteur de selle. Eux roulent avec des 150cm3 4 temps chinoises de ville, dont le moteur ressemble fort a un bloc Honda. C'est leur moto a tout faire : aller a la ville (plus de 200km de pistes), comme s'occuper du betail.
Tout emoustilles par mon autrichienne, je leur propose de l'essayer, mais la hauteur de selle les effraie et seul "Tawaturch" se lancera. Il prendra aussi vite confiance qu'il prendra gout aux chevaux et aux suspensions a grand debattement!





















Ils ne sopnt pas sympathiques mes "motards d'elevage"?


Justement c'est l'heure d'aller chercher les 400 chevres. Je lui laisse donc ma moto et enfourche sa chinoise en guimauve chromee pour tenter de les suivre. Avec les suspensions de ville bas de gamme, chaque petite bosse se prend a moins de 30km/h et est un calvaire pour la motocyclette. Je les suis donc pour decouvrir un troupeau en liberte, sur un petit massif montagneux, avec un abris "en dur" dans lequel il faut faire rentrer toutes les bestioles, en separant les agneaux qui ont droit a une petite piece speciale.

Le soleil se couche et ... comment dire ... ben c'est beau quoi. Non seulement l'esthetique mais l'ambiance toute entiere. C'est le moment qui est beau.

Au loin des nuages de poussiere sont souleves par les dernieres voitures qui filent sur la piste, en sursis avant la nuit qui tombe sans bruit. La nuit debarque donc dans son manteau de froidure (Ca vous plait cette formulation? Moi je trouve ca trop tape a l'oeil et ringard, enfin bon, comme ma grand mere disait toujours : "enfin bon") et tout le monde se retrouve dans la yourte surchauffee pour faire un peu plus connaissance. L'essai de la moto, les Polaroidsofferts et le coup de main pour rentrer le betail ont brise la glace.





Les Mongols ne sont pas tres expressifs... sauf dans leur rires genereux sinceres et sans retenue. Toujours surprenant de constater que partie de notre education occidentale est de maitriser ses signes d'emotion... meme pour les emotions positives!
Ils m'apprennent mes premiers mots Mongols : Bonjour, Merci, au revoir, frere, chevre, cochon, cheval, mouton, maison et photo. S'ils utilisent l'alphabet cyrillique de leur voisin russe, la prononciation est quant a elle completement differente et typee asiatique avec des sons inconnus en Europe. Je sors mon calepin pour prendre des notes... ils sortent une bougie autour de laquelle le cercle se resserre religieusement. Athmosphere intime et touchante, riche pour tous.
Je leur montre sur une carte d'ou je viens et mon itineraire, sans se douter que ce mappemonde les passionnera durant une heure. Ils connaissent la France, mais ne savent pas mieux la situer en Europe qu'un Francais qui essaierais de situer l'Angola en Afrique.
Ils m'expliquent, comme pour s'excuser que la Mongolie est un petit pays. C'est leur sensation parce que leurs voisins Russie et Chine sont monstrueux (en taille en tout cas), et ils sont surpris lorsque je les fait realiser que la Mongolie est bien plus grande que chacun des etats d'Europe.

A cette soiree festive et studieuse familiale, on ne boira que du "tchai", sorte de the tres leger ... et sale! Pas d'alcool donc comme les Russes m'avaient habitues la semaine precedente. Tant mieux. Ils preferent fumer, et durant tout le periple en Mongolie on me demandera ou proposera souvent des cigarettes et non a boire.


Bon, il est tard, on baille, c'est l'heure de dormir. L'idee que je monte ma mini yourte de 2m2 leur parait totalement incongrue et ils m'installent sans discussion des couvertures epaisses sur le sol, pres du poele, recouverts de kimonos epais, tres chauds, deplies sur moi.

Lendemain matin, le feu s'est eteint et il fait un froid de canard. Probablement pas loin de 0 degres dehors et pas beaucoup plus sous la yourte. Mais c'est l'heure d'aller resortir le betail de leur abris et de les faire venir paitre a 2 km de la... J'imaginais qu'il suffirait d'ouvrir l'enclos, mais il fait aussi prendre les agnaux un a un, les connaitre pour reconnaitre leur mere, et placer les agnaux sous leur mere respective. J'imaginais que l'instinct animal faisait que la mere reconnait son enfant et reciproquement, mais non!


On finit donc par conduire le troupeau dans la steppe, au guidon de nos motos! Les chiens sont completement ineficaces pour garder le troupeau. Ils ne sont la que pour prevenir d'une intrusion.

Bon, tout ca, ca creuse, et on se remet donc a table... avec la meme soupe que la veille, c'est a dire la 4 eme fois que je mange la meme chose en 2 jours en Mongolie Ils m'explique que c'est une nouriture tres saine. A mon avis, c'est juste une question de survie et que la steppe n'est pas tres genereuse.


Deja l'apres midi et "Tsin Day" tient a m'emener voir les cochons. Ils sont a une vingtaine de kilometres de la et ont droit aussi a un abris en dur a cote d'un puit d'ou on leur extrait de l'eau pour tenir la journee.

Dans l'abris on trouve aussi un bricole metalique en ruine, donc l'ecusson me fait penser a une marque allemande. Pas vous?

Une journee a partager la vie des nomades sous la Yourte... c'est quelque chose, en tout cas!
Les polaroids rejoindront le tableau de famille.

Bon, c'est pas tout ca, mais j'ai encore de la piste a faire...

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 09:22
Depuis la frontiere la route est goudrounnee et en relativement bon etat.
Je decide de foncer vers le sud, vers le desert de Gobi.
Jusqu'a la capitale, tout va bien, et le GPS (OZI explorer) me donne ma bonne position sur la carte.
Pourtant une fois au sud de Ulaan Baator... rien ne va plus... Je ne trouve pas la route, je me pers et me perds encore. Jusqu'alors la route etait symbolisee par un gros trait rouge. A partir de la capitale, c'est un double trait, un peu comme une autoroute, quoi.
Me voila donmc sur des chemins en terre recouverts de sable fin, plus ou moins profond. Alors que je pensais avoir pas mal d'essence, je tombe en panne seche au mileu de nulle part, en face d'unme maison, completement paume. Il suffira de passer en reserve pour repartir, mais j'en profite pour faiore une pause. Il fait super chaud, et je me suis fait des frayeurs dans le sable avec des guidonages impressionnants. Je suis surpris de ne pas etre encore tombe.

La porte de la maison s'ouvre et une Mongole enceinte jusqu'au cou me demande ce que je fais la, d'ou je viens et tout et tout. Elle m'explique que son homme est a la ville comme pour s'excuser qu'elle ne peut pas m'inviter chez elle. Avant de repartir, je lui propose de lui offrir une photo polaroid, elle accepte mais me demande de l'attendre... elle reaparaitra une minute plus tard avec un petit sac de beignets tout chauds pour moi!



Voila qui me remet en forme pour la suite, et la, je dois bien me rendre a l'evidence, le double traiot de la carte signifie que c'est uen piste et non une route.
En piste donc.

Il n'y a pas une piste mais 10 ou 20 en parallele. J'ai vite compris que le but du jeu, c'est de suivre la ligne electrique sur les centaines de kilometres qui m'attendent.


J'ai perdu au moins 3 heures a trouver la route et je ne suis pas toujours tres fier dans le sable mou, du coup, je n'avance pas bien vite.


Le soir venu, j'ai ai plein les bras et je me rends compte que les distances sont bien plus longues que je n'imaginais.


Je m'arrete dans un bouiboui perdu au milieu du desert.

La cuisiniere est amusee que je demande a manger sans savoir exactement ce que je vais avaler.

C'etait bon!

Et le me souviens tout d'un coup que je ne suis pas venu pour visiter tout le pays mais pour vivre des choses intensement. Il y a 5 km, il y avait justement 2 yourtes perdues... et si j'allais essayer de me faire inviter?

Je fais donc marche arriere... mais cela fera l'objet d'un prochain article!

clin d'oeil a mopn sponsor "Continental" qui m'amenne jusqu'au bout du monde.

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 08:46
Yo. C'est parti. En route pour la Mongolie.
10km avant la frontiere, en Russie donc, barrage de police et des hommes super armes partout (bon, j'y connais rien, ca n'est peut etre que de la frime). Je m'arrete "on" me demande mon passeport et ils verifient la date du visa. Le policier, voyant que je suis francais, me fait alors un grand sourire et me dis sans aucun accent : "Bonjour, je m'appelle Georges". Ce a quoi j'ai repondu poliement "BonjourGeorges, je m'appelle Loic". J'ai omis de lui preciser que les jeunes filles disent en general "Loic le magnifique" car je doute que ce niveau de detail l'interesse... et j'ai repris ma route.

La frontiere russe passe sans probleme... juste une heure a ete necessaire.
La frontiere Mongole ca demarre bien jusqu'au moment ou ils ont besoin de photocopie de mon passeport et de carte grise. Ils veulent la photocopie mais pretendent ne pas avoir de photocopieuse, et je devrais semble t il aller a la banque a cote pour effectuer les copies (moyennant finances, bien sur. C'est un classique moyen de soutirer quelques sous de maniere presque legale). Manque de bol, pour eux comme pour moi, la banque qui devrait etre ouverte est fermee. Je suis donc bloque la, entre les deux frontieres. Ca ne m'inquiete pas plus que ca, car j'imagine que si je ;'installe pour dormir dans un coin, ou si je commence a planter ma tente sur le parking, ils seront largement aussi embetes que moi. J'ai aussi le plan B : feindre d'etre malade. Les douaniers, comme toute administration, n'aiment pas faire intervenir des services medicaux chez eux, ni non plus essuter du vomi et du caca dans les bureaux, et cette idee devrait suffir a les rendre moins pointilleux sur la paperasse. En fait, pas besoin d'utiliser mes plans de reserve, car on me propose de monter a un bureau ou ils auraient une photocopieuse. J'y vais et alors une secretaire ouvre une armoire, en extrait deux cartons de dossiers... a ce moment je me dis que je n'ai pas du me faire comprendre... Sous les dossiers, elle sort un autre granb carton qui contient .... une photocopieuse! J'ai donc droit a mes deux photocopies d'une infame qualite, pour quelques roubles seulement (lorsqu'il s'agit de recolter l'argent, ils ne sont pas trop difficiles sur la monaie a utiliser...)
Une heure plus tard, apres que l'inspecteur des douanes me dit avec un grand sourire qu'il adore Celine Dion, me voila en route... en Mongolie!



A m,a grande surprise, lorsque l'on passe la frontiere, tout le paysage change. La Siberie etait presque fraiche, arboree et montagneuse.... alors que mes premiers kilometres en Mongolie se font dans un semi desert sous un tres fort vent de sable. Autant dire que je ne sortais pas trop l'appareil photo (meme s'il est tropicalise, pour les curieux).



Bon, je roule un peu, et decide de profiter de colines et de verdure pour trouver un endroit ou planter le campement.
En fait toute la Mongolie est un enorme terrain de camping. Tout est accessible, tout est libre, presque toujours propre et beau. C'est mon premier camping sauvage en solitaire, je choisis donc l'endroit le plus isole possible, coince entre deux colines.



Une fois tout en place, un pickup Hyundai se pointe, avec deux curieux qui viennent d'une ferme du coin et qui m'ont vu passer.

On papotte un peu (avec les mains), je leur offre un bout de saucisse que je venais d'acheter... Je m'attendais a ce qu'ils me demandent ou propose a boire, mais c'est plutot fumer qui les interesse. Comme la tente est plantee, je refuse leur invitation a aller dormir chez eux... une autre fois peut etre.
C'est les premiers Mongols que je rencontre et jusque la ... tout va bien!



Petit remerciement a Nomad, le concessionnaire KTM de Roumanie qui est partenaire de l'aventure.

Nomad, C'est bien.

Bon, a l'heure ou je vous ecris... je suis revenu de Mongolie et je suis a nouveau en Russie. La connexion Internet etant capricieuse, et trouvant dififcilement du temps pour les кафе интернет (je ne sais pas si les caracteres en cyrilique passent sur le blog...) il faudra peut etre attendre lundi, que je suis a Moscou, pour plus d'infos sur la Mongolie...
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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 10:51
Ca y est!




Apres 4 jours de train presque non stop, me voila en Siberie.

Un voyage memorable (de lapin)

Le transiberien propose 3 classes differentes, avec grosses differences de tarif :
la 3eme classe : 6 passagers par compartiment,
la seconde classe : 4 par compartiment,
la premiere classe : 2 par compartiment.

D'apres vous, quel a ete mon cas?
Eh bien j'ai voyage en cabine individuelle, moi. C'est pas du luxe ca? Mieux que la premiere classe ... et moins cher que la 3eme classe.










En fait, il y a des wagons voyageurs, avec les differentes classes, un wagon restaurant, et quelques wagons de marchandises, dont un avec la moto a l'interieur. Chaque wagon a un controleur qui assure le service et verifie que tout se passe bien. C'est aussi le cas des wagons de marchandises qui disposent d'un petit reduit pour le controleur et un accompagnateur possible. L'accompagnateur, с'etait moi!

A ma gauche, la paneau electrique du wagon.

Chaque wagon produit sa propre electricite et a une enorme generatrice entrainee par courroie par un essieu du wagon. Pour controler ca (en fait a part 3 ou 4 ampoules, y'a pas besoin de grand chose comme electricite dans un wagon de marchandises) iul y a une armoire electrique pleine de commutateurs, relais, condensateurs et voyants rouges ou verts.
J'ai pour consigne de surveiller une des lumiere (rouge) et lorsqu'elle s'allume, je dois presser un bouton qui - en general - eteint ce voyant.

Me voila fier d'avoir deja la confiance de Edik, le controleur qui voyagera avec moi dans ce wagon.







Edik, controleur devant notre wagon, et Constantin, le motard Moscovit qui a passe 3 jours avec moi pour trouver une combine pour le transport de la moto.


Visite de la salle de bain :


Dans le vestibule, Edik installe un petit rechaud a gaz pour faire chauffer la soupe. Apres la cuisine il range avec soin son rechaud et ne le laisse pas en place. Il m'expliquera qu'un rechaud a gaz est interdit a bord du train...


Notre compartiment/vestibule a une porte scellee qui donne sur le chargement. Mais si on veut faire un tour dans ce chargement, il suffit de faire sauter la scellee et en mettre uyne autre en suivant. Edik en a bien une douzaine d'avance...


Le Chauffage de notre wagon se fait au charbon. Cela permet aussi d'avoir de l'eau tiede. Pratique en hiver pour eviter qu'elle ne gele lorsqu'il fait -30 degres a l'exterieur.


A propos de se rechauffer... Edik me dit qu'il ne boit pas lorsqu'il travaille. Ca m'arrange. Mais le second jour il revient de la gare avec un litre de Vodka et m'explique qu'il ne travaillera (dechargement) que dans 2 jours.
A la tienne Edik!
En plus le 9 mars, on fete l'armistice contre les fachistes (nous, on dit contre les Allemands), donc ca fait une raison de plus de finir cette bouteille. Plus que jamais :  - VODKA : Connecting people -


Ah, j'oubliais : Edik ne parle que russe, et moi pas un mot.
Enfin, pas un mot au depart mais apres 4 jours de cours intensifs avec lui, je me debrouille un peu a present!

Ah tiens, voila l'hotesse du wagon d'a cote qui pointe son nez. On dirait une hotesse Luftansa, avec le meme nombre d'heures de vol...


Une fois en gare, le train s'arrete 15 a 20 minutes ou on peut descendre. Par contre il repart sans prevenir et sans attendre. Les hotesses veillent donc...


ambiance sur le quai :
A chaque arret il y a des vendeurs de bricoles a manger emballe sous vide a taiwan :


Parfois c'est des vrais petits plats (beignets, ou raviolis en general) prepares maisons ... miam!


Quelques gares traversees :




Interdit de passer sous les wagons! Je ne vois pas qui oserait, de toute facon!


Ah ben si!



On croise le train en provenance de Mongolie. Les voyageurs mongols en profitent pour essayer de vendre tout type de breloques directement sur le quai ou depuis le train. Y'a pas, le commerce c'est un truc qu'ils ont dans la peau.


ambiance nocturne :



Comme il y a des amateurs de trains qui risquent de tomber sur cette page, voici quelques photos des mecqniques russes qui trqverssent le continent :




Les "paupieres de phares", accessoire oh combien kitch sur les motos se trouve aussi sur les locos!



4 jours de train, donc, 5 fuseaux horaire d'ecart entre le depart et l'arrivee. Pour eviter les problemes, les gares affichent l'heure de Moscou. Je trouvais ca preuve d'un grand nombrilisme et centralisation, mais c'est finalement sacrement plus pratique.

Avec tous ces kilometres, on traverse l'Oural, et puis on arrive en Siberie... On passe de la Taiga a la Toundra.

C'est pauvre, mais les petites maisons en bois sont presque toujours colorees...








Un copain!


Et enfin, on retrouve des hauteurs autour du lac Baikal qui finit de degeler


Le blanc, sur la photo, ca n'est pas de la mousse, mais de la glace!



Bon, allez, assez reve!
La suite du voyage, ca sera en moto, et demain, je passe la frontiere Russie/Mongolie pour une semaine de camping itinerant en terre Mongole.



En Mongolie, vu que justement je pense faire du camping sauvage tous les jours, je n'aurai probablement pas d'acces internet facile. Donc pas d'inquietudes si je ne publie rien avant le 20/21 avril!
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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 17:16

Finalement, ca a ete encore une journee a galerer pour le billet de train...
La moto est dans le train, mais je n'ai toujours pas le billet.

Par contre ca a l'air de bien se passer. Je vais loger (j'ai failli ecrire "coucher") avec le controller, dans un compartiment 2 places, c'est pour ca que je paie beaucoup moins cher. A priori il voulait me rencontrer avant d'accepter... Il ne parle pas un mot d'anglais, mais il me fera repeter mes lecons de russe. 

C'est vraiment bien parti. Je suis super confiant et content d'aller enfin decouvrir la Siberie.
Arrivee dans 4 jours a Ullan Unde, se le bord du lac Baikal. Si vous ne recevez rien de ma part durant les 5 jours qui viennent c'est donc plutot bon signe.

Un Motard russe a pris 3 jours pour m'accompagner pour toutes les discussions et formalites. Je pensais qu'a la fin il en aurait marre, mais il vient de me dire de le contacter pour mon prochain trip, par exemple en Laponie, parce qu'on pourrait le faire ensemble!

Merci pour tous vos messages, emails et SMS. Je ne prends pas le temps de repondre individuellement mais ca me touche et ca donne parfois un peu de courage lorsqu'on en a le plus besoin.

Avant de partir, mes dernieres photos de Moscou :

a droite : 
L'oeil de Moscou
Et le nez? Et le nez.
Et la bouche? Alouette


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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 23:04
Est ce que ca vous fait pareil? Si je mange de la saucisse a l'ail, durant toute la journee le gout et surtout l'odeur de celle ci me revient.
Mon moral? C'est pareil : il revient.

Hier soir un motard Moscovit m'envoie un email pour me proposer de boire un verre ensemble. Mieux que ca, je lui propose de me filer un coup de main pour essayer de resoudre mon probleme de voyage vers la Siberie.
A midi 30, je suis chez lui et il envoie des coups de files a son concessionnaires, ses amis, et aux adresses qu'il trouve sur internet. Finalement on trouve une entreprise qui peut faire une caisse en bois sur mesure en quelques heures. Par contre a nous de livrer le colis a la gare et cette boite n'a pas de telephone. Du coup, on prends les becanes (lui un CBR900 de 95 je crois) pour essayer de les trouver.
Ils nous expliquent qu'ils peuvent en effet envoyer la moto a Irkoutsk. Et ils peuvent le faire sans meme avoir besoin de faire une caisse en bois... par contre ca sera a moi de decharger la moto sur place, et j'aurai 35 minutes pour le faire. A regarder de plus pres, je ne pourrai probablement pas prendre le meme train, et charge a moi d'intercepter le colis. La Siberie etant vue, meme ici, comme le trou du cul du monde, ils n'imaginent pas que je puisse trouver une personne parlant anglais sur place. Mais pourquoi pas, ca parait jouable.
Pour le retour ils sont moins optimistes sur les places disponibles, et ils suggerent plutot (le chien de Mickey) un retour direct depuis Ulaan Baatar (ce qui m'arrangerait en fait) par contre ils ne savent pas du tout quel est la paperasserie necessaire au passage de la frontiere pour une moto...

bref, c'est vraiment l'aventure... et pour etre honete, je ne me sens pas trop a la hauteur...

On retourne les voir pour connaitre les dates possibles pour le retour. Dans ma tete, je me dis que j'aimerais bien qu'aucune date ne soit OK. Ca me fait une bonne excuse pour aller en Laponie a la place. Cette fois dans la discussion, ils comprennent que c'est moi qui part et non mon collegue. Ils sont super surpris et d'apres eux "seul un russe pourrait se lancer dans un truc pareil". Du coup, ils me prennent un peu en affection et cherchent d'autres alternatives.
L'alternative est ideale : la moto sera livree a Ullan Unde (une station apres Irkoutsk, sur la route de la Mongolie). La, ils ont une equipe qui s'occupera du dechargement, et pour le retour, la meme equipe mettra la moto dans le train.
Le tarif est en plus pas cher du tout : 3000 Roubles pour moi (600FF), et autant pour la moto.
Si je passe par la gare, le prix du billet est de 15000 roubles pour moi (3000FF).
Bon, tout semble donc s'arranger. Demain a 12 heures j'apporte la moto et on fait les billets.

Je reste prudent quand meme, car la Russie a ceci de commun avec l'Ukraine :
"de toute facon, rien ne se passera comme prevu"
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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 08:12
Bon, hier, salle journee.

On apprend que la moto ne peut monter dans le train pour Irkoutsk que si elle est dans une caisse en bois et si le poids est de moins de 160kg.

Katia a passe des heures au telephone pour trouver ca sans resultat. Juste une boite propose de faire l'expedition totale de la moto vers Irkoutsk... mais ca prendra une dizaine de jours. Si on compte le meme temps pour le retour, ca me laisse 4 jours pour visiter la Siberie et la Mongolie. Bref, ca ne vaut pas le coup.

Une autre solution est d'aller a la premiere gare ou s'arrete le train et de "negocier" le chargement de la moto, mais cela ne m'assure pas que le retour sera possible et je ne compte pas laisser la moto en Siberie.

Troisieme possibilite : trouver un concessionnaire qui accepterait que je reutilise une de ses boite, et qui pourrait porter la moto dans sa boite vers la gare. Les premiers essais ne sont pas concluants, mais aujourd'hui un motard Moscovit devrait me donner un coup de main pour essayer de resoudre tout ca.

Au pire des cas, je passerai au plan B : viser le nord et non l'Est, et aller a St Petersburg et en Finland pour passer le cercle polaire, et revenir par la suede et la Pologne. Je vais commencer a regarder s'il y a besoin de visas pour cette region....
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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 09:51
En Georgie, je me souviens d'une discussion avec Ronald, un allemand voyageant aussi seul en moto. Il evoquait a un moment un changement de roulement de roue a Moscou. Dans ma tete, je me disais "Wouaou", je trouvais ca super exotique.

C'est mon tour de sortir la trousse a outils sur le trottoir de Moscou. Ca n'est peut etre pas le lieu ideal pour bricoler, mais je me dis avec un petit riktus d'auto satisfaction qu'il n'est jamais trottoir pour bien faire.

Rien de grave a priori, mais le moteur est recouvert d'huile sur la gauche. Sur la route j'avais resserre un brin le raccord banjo d'une durit d'huile sur la gauche du moteur, mais apres une centaine de kilometres, l'huile est revenue.

Le niveau, lui, ne semble pas bouger, et je l'en remercie chaleureusement.

Bref, je profite d'une matinee ensoleillee et de Katia qui doit travailler pour demonter tout ca et essayer de trouver l'origine de la fuite pour y remedier.


Je sais qu'il y a des amateurs de ce type de moments, donc je vous met des photos pour que vous puissiez faire votre propre pronostic et peut etre me donner des conseils.

En fait l'huile semble venir d'en haut, au dessus du joint de culasse. Mais je n'arrive pas a trouver le lieu exact de la fuite.

J'ai resserre les vis des trappes d'acces au culbuteurs (elles en avaient besoin)
J'ai trouve une vis completement devissee (celle juste au dessus de la bougie) mais la fuite ne vient pas de la.

Les vis qui tiennent le support des culbuteurs sur la culasse sont bien serrees comme il faut.

Y a t il un joint, normalement, entre la culasse et le couvercle de culasse?
Un joint papier? caoutchouc? ou juste un filet de pate a joint?

Dans le doute je n'ai pas voulu le demonter pour l'instant et je me suis contenter de resserre tout ce qui a besoin d'etre serre pour voir si cela solutionne le probleme.

 


J'ai fait quelques kilometres en ville depuis et la fuite est toujours la. Pas grave, je verifierai souvent mon niveau, et lors du reglage du jeu aux soupapes en Mongolie, je regarderai a nouveau de plus pres.





En attendant, le moral reste au beau fixe!

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 09:27
Moscou, me voila!

Une ville de plus de 10 millions d'habitants... je suis heureux d'avoir un GPS qui me menera directement a la porte de mon hote Katia, une jolie espionne Russe.
Ben quoi, si on en croit tous les films de l'ouest au sujet de la Russie, tous les russes sont des militaires et toutes les russes sont de jolies espionnes, non?


Katia me propose d'aller le soir meme a une petite soiree concert Ska-Punk dans une cave au centre de Moscou. Je veux, mon n'veux! C'est mon premier contact avec les Russes, leur culture, leurs fetes. La soiree a ete grandiose. Le groupe vraiment excellent, etrique dans leurs vestes en velours et leur cravate ridiculement courtes. Peu de places pour danser alors on est oblige de grimper sur les tables. Une ambiance du tonnerre en tout cas, et si le lendemain j'ai des courbatures ca ne sera pas a cause de la moto mais bien la soiree. Je n'avais pas l'appareil photo... donc pas d'illustration de la soiree, desole!

Durant cette soiree j'ai eu l'impression de faire une grosse gaffe qui a casse l'ambiance un moment... Je suis alle commande a boire et je me suis pris un simple jus de fruit. Ca ne les a pas etonne mais carrement choque. Lorsque peu apres on m'a propose de m'offrir une biere, c'etait un peu comme si on m'offrait ma derniere chance de m'integrer. Ca a remis nos relations sur une base saine.

Chabi, une petite pensee pour toi lors de cette soiree, lorsque je suis alle commander un verre de vin, le barman m'a demande si je voulais du vin Chilien, Espagnol ou d'amerique du sud. Je ne sais pas dire "Catalan" en russe, mais j'ai pris le vin Espagnol quand meme.

Bon, le lendemain, on passe aux choses serieuses : visite de Moscou. L'appartement n'est qu'a 3 stations du centre, donc je propose d'y aller a pied. Erreur, entre 2 stations il y a plus de 3 kilometres. Tout est plus grand ici, l'echelle est differente.

Le Kremlin et la place rouge sont des passages obliges. Je me force a y faire un tour plus par principe que par motivation et ... wouaou... je suis impressionne comme c'est beau. Il y a un quelque chose de Eurodysney, mais sans le carton pate. C'est bientot la comemoration du 9 mai, et donc la place rouge est fermee pour les repetitions du defile et des festivites.

Bizarement je ne ressens pas le stress des grandes villes. Les avenues sont tres larges et les voitures de luxe ronronnent.
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