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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 20:45
Je ne résiste pas a vous recopier un article de Bertrand Le Gendre paru dans Le Monde :


Qu'il est loin le temps où l'on pouvait partir le nez au vent sur les pistes du Sahara, dans la cordillère des Andes ou sur les bords du Mékong ! Désormais, qui prétend voyager hors des sentiers battus passe pour une tête brûlée ou un irresponsable. Le monde est dangereux, dit l'air du temps. Enigmatique et inamical. Le Rallye Paris-Dakar 2008 a été annulé. Des pays entiers sont marqués au fer rouge par le Quai d'Orsay, qui déconseille aux voyageurs de s'y risquer. Message reçu : les Français partent de moins en moins à l'étranger. Indice de ce repli sur soi, les figures du coopérant et du routard ne font plus rêver. Dans le rôle du coureur de continents qui suscitait les vocations, il restait le "French Doctor", l'humanitaire intrépide et altruiste. Les mésaventures de L'Arche de Zoé au Tchad l'ont à son tour dévalorisé.

Echaudé par cette affaire et par d'autres, le ministère des affaires étrangères se montre de plus en plus précautionneux. Dans leurs "conseils aux voyageurs", les services de Bernard Kouchner égrènent, pays après pays, les bonnes raisons de rester chez soi : "Le Bénin subit actuellement des coupures d'électricité fréquentes, inopinées, et parfois prolongées, y compris en ville, cause possible d'insécurité. (...) Il est en conséquence recommandé (...) d'éviter les trajets à pied." L'Afrique noire vue de mon 4 × 4...

Thaïlande : "Durant les périodes pré- et post-électorales, il est recommandé de se tenir (...) à l'écart des rassemblements (...). Les violences se poursuivent au sud du pays. Un risque d'extension à Bangkok n'est pas exclu."

Argentine : "Buenos Aires, parce qu'elle ressemble sous bien des aspects à Paris ou à Madrid, peut susciter un sentiment relatif de sécurité. Pour éviter tout désagrément, cette première impression doit être dépassée. L'insécurité est bien réelle en Argentine." Egypte, où Nicolas Sarkozy s'est aventuré en vacances, sous bonne escorte, il est vrai : "Comme l'ensemble des pays de la région, l'Egypte est exposée au risque terroriste, en particulier les stations balnéaires du sud du Sinaï."

Le plus étonnant, c'est que cette suspicion généralisée, cette frousse officielle, englobe des pays que l'on croyait sans danger. Monaco, par exemple : "Quelle que soit la qualité du maintien de l'ordre mis en place par les autorités, il est toutefois exclu d'imaginer que ce pays soit à l'abri de tout acte terroriste, compte tenu de ses activités diplomatiques et des personnalités du monde de la finance, du sport et de la politique internationale qui y passent."

Effroi sans frontières. Prétention, en même temps, de la France à l'universalité. Cette contradiction émousse, à force, notre expérience de l'autre, qui ne repose plus que sur des archétypes : damnés de l'Afrique subsaharienne, Asiatiques dopés à la mondialisation, Latinos aimantés par le Nord... A l'heure, justement, où il faudrait nuancer.

L'excuse est toute trouvée : la planète serait un guêpier, sinon un coupe-gorge. Plus qu'hier ? Une tradition en tout cas s'est perdue, qu'illustraient pour le meilleur et pour le pire le colon et l'explorateur, le missionnaire et l'aventurier.

Aujourd'hui, la plus bénigne épidémie de grippe aviaire, le moindre tremblement de terre survenus à des milliers de kilomètres de l'Hexagone mettent le "20 heures" de TF1 en émoi. Informés en temps réel des drames petits et grands surgis à l'autre bout du monde, les Français surréagissent. Ils sont de plus en plus casaniers.

Ils voyagent moins. Selon la direction du tourisme, 11,979 millions de Français sont partis à l'étranger en 2004 et seulement 11,682 millions en 2005. En 2006 - derniers chiffres connus -, ils n'étaient plus que 11,385 millions.

Près de 600 000 Français ont ainsi renoncé à visiter un pays tiers en trois ans. En plus, ceux qui franchissent les frontières s'aventurent rarement très loin. Deux tiers de ces voyages (66 %) ont pour destination un pays européen ; 15,5 % l'Afrique, le Maroc et la Tunisie surtout ; 7 % les Amériques ; et 5,1 % l'Asie ou l'Océanie.

CHACUN CHEZ SOI, CHACUN POUR SOI

Ces chiffres le montrent : la France a de moins en moins le goût de l'ailleurs. On la savait hostile à l'immigration, sinon xénophobe. On la découvre pantouflarde. C'est que les deux sont liés, rejet de l'autre et repli sur soi. Alors que tombent les barrières douanières, l'incompréhension s'installe entre les peuples. Chacun chez soi. Chacun pour soi. Clash des civilisations en vue. Le principe de précaution, l'excès de précautions plutôt, donne corps à cette menace, tandis que la liste des pays à éviter s'allonge. Celle que le Quai d'Orsay tient minutieusement à jour en témoigne.

Victimes expiatoires de cet ostracisme, les Mauritaniens et les Sénégalais s'alarment de l'annulation du Rallye Paris-Dakar pour cause d'attaque terroriste. Cette annulation - cet arrêt définitif peut-être - n'a guère ému les "bobos", qui se font, de loin, une idée moins pétaradante de l'Afrique.

Blessé par tant d'indifférence, le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, auteur du film Bamako, a eu ce cri du coeur dans Libération : "Je vous invite à venir en Mauritanie comme nous avons continué à aller (...) à Madrid, à Londres, à New York après des attentats autrement meurtriers."

Qui l'entendra ? Qui se risquera demain sur les rives du fleuve Sénégal d'où viennent les Soninké qui peuplent nos banlieues ? Que sont les globe-trotteurs devenus ? Les Rimbaud, les Ella Maillart, les Bruce Chatwin...

Les élites de demain ne se reconnaissent plus dans ces icônes d'hier. Elles sont beaucoup plus popotes. Elles voyagent, bien sûr. Elles partent en vacances dans les Cyclades avec papa-maman ou émigrent à Barcelone pour une année Erasmus, façon L'Auberge espagnole du cinéaste Cédric Klapisch. Elles sont en stage HEC à la City ou font la plonge dans un pub de Dublin pour payer leurs études. Mais, comme leurs parents, elles connaissent mal le vaste monde, celui de demain, excepté la vieille Europe, miroir d'elles-mêmes.

Il y a des exceptions, bien entendu, même si un indice ne trompe pas : ces clichés ont supplanté dans l'inconscient collectif l'image du soixante-huitard qui filait en 2CV Citroën jusqu'à Katmandou, ou celle du coopérant idéaliste, tout heureux d'échapper, à Tunis ou à Madagascar, au service militaire.

Si ces stéréotypes sont à ce point répandus, s'ils ont pris tant de consistance, c'est pour nous inviter à nous interroger sur notre époque.

Bertrand Le Gendre
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 14:29

Il est des voyages que l'on compte en kilometres parcourus.
Je ne suis pas specialement materialiste, mais il y a des acquisitions qui vous font faire un voyage ... dans le temps.


Samedi, je suis parti pres de Petrosani, a 230km, soit 4 heures et demi de route, pour aller voir un Simson 425 AWO Sport... et je suis rentre avec.

Je cherchais ce modèle, parce que la première fois que j'en ai vu un, il y a un peu plus de 2 ans, j'ai adore ce moteur. Il est tout simple, basique et rationnel, sans durit ni fils électriques ou caches en plastoc comme les machins actuels. Il donne un vrai sentiment de pureté.

Quel plaisir de voire le papy, premier propriétaire de cette moto qui affiche a présent 80.000km.
Sa moto était semble t il dans un sale état, et il l'a refile pour quelques euros a un étudiant du village qui l'a remise en état, en particulier avec un changement de TOUS les roulements dans le moteur et du châssis (sauf la boite qui na jamais été ouverte depuis 1961). J'ai signé avec le premier proprio. Ca donne l'impression de ne pas acheter qu'un bout de ferraille, mais bien un bout d'histoire. D'ailleurs la trousse à outils d'origine, dans son étui en cuir recousu par la mémé, a visiblement déjà pas mal servi.


Bon, la Simson AWOc'est quoi?
C'est un monocylindre 4 temps, 250cm3, donc la principale particularité est d'avoir le vilo longitudinal. La boite est donc derrière le moteur et entraine la roue par un flector, arbre cardan et couple conique.
Cela vous fait penser aux BMW R25/R35? Vous avez raison, c'est absolument le même concept, mais plus abouti. En effet toute l'électricité est intégrée dans le carter avant, alors que la BMW dispose son usine à gaz a gauche du moteur.
Le cylindre est rond, mais le moteur est pile "carré" (68x68mm).
Une boite 4 pour la version sport et boite 3 pour la version touring qui exploite pleinement la grande plage de regime offerte par le lourd volant moteur.
Petit raffinement, le kick, à gauche, est couple au moteur via un couple conique, histoire d'avoir un mouvement plus naturel lorsque l'on est en selle.
La version sport a des amortisseurs classiques sur un bras oscillant alors que la version Touring offre un moyeux coulissant.


Simson 425 AWO Touring.......................Simson 425 AWO Sport
..........

Les performances? Ben c'est comme une 125 moderne : 14 chevaux, 150kg.
Vitesse de pointe théorique 110km/h. Mais j'ai réussi à aller un peu plus vite en doublant une Dacia. L'aiguille du compteur oscillait entre 100 et 140km/h dans un rythme effréné. Vitesse de croisière idéale 90km/h (a l'époque) ou 80km/h (a présent).



La moto tourne très bien, sans bruit suspect, démarre au quart de kick a chaud comme a froid.
Le premier essai a été très succinct, en fait, parce que le l'étudiant et le premier proprio habitent dans un tout petit village a 10km de la première route bitumée. Bref, que des chemins de pierres ou de terre. Pas évident pour vérifier que la moto avance droit. Par contre ca a été suffisant pour vérifier que l'amortissement est absolument inexistant. Pourtant tous les joints de fourche ont été changes, et l'huile a même été changée dans les combines arrière. (je ne savais pas que c'était possible)

D'ailleurs de retour a la ville, le premier tour de quartier n'est pas super engageant : la moto ne va pas droit et ondule sur la route comme si la jante était super voilée, ou s'il y avait un point dur dans la colonne de direction.
Hier soir nouvel essai, en libérant l'amortisseur de direction ...
rhhhaaa... elle roule très très bien a présent! C'est ce satané amortisseur de direction (dont je n'ai pas encore trouve l'utilité), qui était à l' origine des ondulations!

Esthétiquement, il y a de quoi améliorer, en particulier les selles refaites en toile cirée bleue claire sont vraiment a vomir, ainsi que les clignos avant en plastoc modernes. Mais a ma grande surprise toute l'électricité fonctionne. Bien sur tout est en 6V. Le seul truc sauvagement débranché, c'est le contacteur a clef sous la selle. Le gros bouton sur le phare s'utilise en fait comme une clef, et en laissant la moto, il faut donc retirer ce gros bouton profile et le mettre dans la poche lorsque l'on laisse la moto. Ca me rappelle lorsque, ado, je retirais l'anti parasite de ma mob lorsque j'allais au bahut, pour ne pas qu'on me la vole. C'est adorable, et ca participe à l'émotion et au plaisir de la moto. D'autant que je ne connaissais pas ce système.







Toujours au rayon des surprises : les freins sont très corrects. Autant a l'avant qu'a l'arrière. J'ai le manuel d'époque qui était livré avec cette moto en 1961. Ils recommandent d'utiliser en alternance le frein avant et le frein arrière, de manière à éviter l'échauffement. Mais qu'en cas d'urgence, on peut utiliser les deux à la fois quand même. C'est rassurant.

Les pneus sont des Barums conformes a ceux d'époque. D'ailleurs il m'a filé un pneu neuf en plus. (Il a filé aussi un disque d'embrayage, les anciens guides soupapes, le vilo complet, les roulements, le précédent ressort de kick cassé, des ampoules 6V, un cylindre, un piston avec ses segments...)

Sinon, le réservoir a quelques bugnes à réparer, la peinture est bien faite mais le gris/marron métallisé ne fait pas vraiment d'époque. Ce réservoir n'a bien sur pas de jauge, pas non plus de réserve, et il n'y a pas de compteur journalier. Voila toutes les conditions réunies pour tomber en panne sèche! Il faudra faire gaffe.
Bref, je suis ravi.

A noter que les vitesses sont au pied a gauche avec première en bas... mais que la boite offre aussi un levier au niveau du moteur a droite, absolument inaccessible. Le manuel utilisateur reconnait en effet que la commande au pied est plus pratique. Tu m'etonnes...

J'ai fait ma première véritable balade au guidon, le but étant d'aller en campagne pour faire de belles photos de mon nouveau jouet. Finalement, une fois au guidon, a la vitesse de croisière (80km/h), je ne voulais plus m'arrêter, et je suis rentre en pleine nuit sans avoir pris une seule photo.
C'est devant le garage en pleine nuit, a la lumiere blafarde du réverbère et la lampe baladeuse que j'ai fait quelques cliches quand même, histoire de montrer au monde ma belle Simson AWO Sport!


 


Au programme a present, finir quelques ajustements, continuer a la garderau maximum d'origine (pour cela, il faudrait que je vire les clignotants, parce qu'elle n'en n'avait pas a l'origine), rouler pour voir les trucs a corriger, reparer les amortisseurs, et lui coller un panier a droite.


En quittant le petit vieux, ancien proprio de la machine, il m'a pris a part pour me parler avant que je ne parte, et m'a dit avec un ton super sérieux, pour me faire partager LE secret de famille : "Il ne faut pas faire d'économies sur l'huile. Si elle est vraiment noire, change-la. En t'en mettant sur les doigts, tu vérifie la viscosité, et lorsqu'elle devient trop fluide, change la aussi. C'est ca le secret."

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Published by Le Chevalier Noir - dans Voyage dans le temps
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17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 13:45
Dans mon dernier article du voyage dans le Caucase, j'etais encore en Georgie, a la campagne... Suis-je reste la bas?
Non, je suis bien rentre a la maison, mais durant le voyage retour je n'ai eu ni l'oportunite ni le temps de mettre a jour le blog.

En vrac, vous avez donc loupe :

L'episode au port de Poti (Georgie) ou je devais arriver le matin pour retirer mon billet et monter a bord d'un bateau.
Retirer le billet s'est fait sans trop de probleme (enfin, sans parler russe, c'est jamais super evident), puis une fois au port, je me renseigne pour savoir ou est le bateau a prendre. On m'indique que j'ai de la chance parce que le bateau est deja la. Je leur dit que c'est normal car je pars aujourd'hui... et elles se marrent en me disant qu'on en reparlera le lendemain. En fait a 20H, on me dira que je pourrai embarquer a 23H. Et a Minuit que peut etre ca pourra se faire a 3 heures (du mat), et finalement a 3 heures, on me dit que le travail (et l'embarquement) auront lieu dans la matinee...

Bref, je me suis alongé dans un entrepot du port entre deux machines outil pour passer la nuit. et je n'ai pu embarquer que le lendemain matin.






Il faut dire que c'est un bateau de fret et non de passagers. Le pont inferieur est equipes de rails et en effet, Il y entre un train complet. Sur le pont intermediaire, on trouve les semi remorques et les conteners.















Qui dit camions, dit chauffeurs. Afin de trimbaler les chauffeurs il y a donc quelques cabines passagers finalement plutot confortables, et une cantine pour y engloutir un menu unique a heure fixe. on doit etre une vingtaine de passagers, de quoi lier contact, meme si je ne sais toujours pas un mot de russe. Au milieu des routiers, trois jolie ukrainiennes qui passeront la traversee a prendre un bain de soleil. L'air chargé d'iode sera un bon pretexte pour se rincer l'oeil en passant. Ca ne ressemble pas a la croisiere s'ammuse, mais dans un sens ca fait du bien d'etre comme "pris en charge" durant les 2 jours de traversee au large de la Crimée, pour arriver enfin a Odessa.



















Au port d'Odessa, il faut se lancer dans les formanites de passage de douane. Pas besoin de visa pour l'Ukraine, mais ils sont habitues a l'import/export de marchandises, et du coup, c'est d'une complexite incroyable. Il aura fallu passer a 10 bureaux differents pour y faire viser des documents et les faire tamponer. Au total il y aura ... 45 coups de tampon pour me faire entrer en Ukraine. Y compris le coup de tampon qui signifie que tous les tampons ont ete obtenus.

Odessa n'a rien a voir avec Radechov que j'avais visite en fevrier. Ici, il y a plein d'argent, c'est un peu la cote d'asur des riches de kiev. C'est vieux et beau, et plein de jolies filles....










Le retour se fera sans probleme, avec passage oblige en Republique Moldave sur 5km, qui obligera a laisser un bakchich parce mon certificat d'assurance est périme. De tous le voyage, c'est la seule fois ou on me demandera un billet, et encore, ce pour ci je n'etais effectivement pas en regle donc on ne peut pas parler de raket, juste un billet laissé pour graisser les rouages de l'administration (c) Paulo.


























Apres ce periple, je retiens :
 - Voyager seul ne signifie pas etre seul. Bien au contraire c'est le meilleur moyen de rencontrer du monde
 - Le DR-Z est super fiable, avec des vrais possibilites d'enduro, mais pas confortable sur les etapes de plus de 500km...
 - il est tout a fait possible de voyager dans un pays dont on ne parle pas du tout la langue
 - Je repars quand?

si vous voulez voir la plupart des photos du voyage, elles sont accessibles ici :
http://gallery.atpic.com/fr/19128
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Published by Le Chevalier Noir - dans jusqu'au Caucase en moto
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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 19:58

J'aurais pu appeler cet article aussi bien : "Toto Cutogno en concert"

Il faut que je vous raconte!
C'est mon second coup de coeur de ce voyage...

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De retour en Georgie, je suis parti plein ouest pour essayer de monter sur un bateau qui m'emmènera en Ukraine, si tout va bien. Souvenez vous de mon arrivée en Ukraine : Sophika et Oksana m'avaient gentiment fait visite la ville. J'ai donc rappelle Sophika pour qu'elle me conseille un endroit ou dormir pas trop loin de Poti, car c'est de la que le bateau partira. Manque de bol, elle n'a pas trop d'adresses sur Batumi, et en plus, elle ne sera pas dispo car chez ses parents. Ben t'as qu'a me rejoindre chez mes parents pour passer la nuit la. En voila une proposition qui ne se refuse pas! En route donc!








On se retrouve dans un gros village histoire de faire une petite visite rapide... C'est mignon, mais les urbanistes on mis tes poteaux au mauvais endroits : juste la ou on prend les photos lorsqu'un bel attelage passe!
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Mais en fait, les parents de Sophico n'habitent pas ici, mais dans un petit village qui n'est pas sur ma carte. Je lui propose de monter sure la moto pour la mener jusque chez elle, mais elle préfère appeler un copain qui arrivera en Lada Niva 4x4 et que je suivrai quelques kilomètres. Finalement, c'était une très bonne idée de ne pas monter sur la moto, car pour grimper chez ses parents, il n'y a pas vraiment de route. Un chemin de pierres avec une pente comme ça /. Mieux vaut voyager léger dans ces conditions!

Finalement, on arrive a destination, dans un cul de sac, quelque maisons au milieu des arbres.

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Et la, cette maison, c'est le coup de foudre.

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Tout est super photogénique.

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Derrière la maison, la forge du grand père est encore là :

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Derrière la maison, il y a aussi une grande cuve dans la terre pour ... faire le vin!


D'ailleurs au fond, c'est l'alambic pour la vodka :



Dommage de pas avoir le temps de vraiment faire plus d'images.
On va aller crapahuter dans la foret sub tropicale pour trouver la source de l'eau qui alimente le hameau.

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Au retour, découverte de la famille, avec la maman à la fenêtre de la cuisine :

11.jpg
Et le grand-pere-qu-a-plus-tout-sa-tete :

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Lorsque je vais le saluer, il me répond que
"du temps de Staline, c'était quand même mieux".
dont-t act.

Je ne verrai pas le papa qui sera dans les champs jusque tard dans la nuit. Ici, on vit des produits du jardin. Autant dire que le repas était à la fois très simple et génial, avec que des bonnes choses....


Durant le repas, le Papy qui était resté très silencieux me demande soudainement si je suis "staliniste" ou capitaliste!
Ca aurait pu casser l'ambiance, mais je lui réponds du tac au tac, et avec sincérité, que je suis de moins en moins capitaliste. Le débat fut clos.

...


La soirée devait donc être calme et tranquille. Calme et tranquille. Calme et tranquille. Calme et tranquille. Mais non!
Voila le chauffeur de la Niva qui se re-pointe avec cette fois une grosse Mercedes aux vitres teintées. A l'avant de la voiture, il y a le maire du village, serein. Ils viennent nous proposer avec instance, Sophika, la voisine et moi, d'aller à Batumi (la ville balnéaire à 50km), pour le concert de Toto Cutugno. Bon, moi, je n’ai franchement pas envie. Sophika non plus, mais on ira quand même. Allez comprendre pourquoi!

Il roule vite. Je m'accroche et je me demande ce que je fais à fond dans une grosse Mercedes sur cette route de montagne qui tournicote, avec un pilote téméraire inconnu. Je m'accroche, je serre les dents et les fesses. Apres tout ce n’est pas une virée en bagnole qui va m'impressionner alors que j'ai enchaîné des milliers de kilomètres en moto les 3 semaines précédentes sur des routes pas possible! Et puis bon, y'a mon honneur de male aussi quelque part. Et puis le maire de la ville, c'est sûrement quelqu'un de responsable et respectable, donc il sait ce qu'il fait.
Tiens, voila Sophika qui me demande justement mon avis sur la conduite du chauffeur impudent. Je réponds simplement que « elle tient bien la route cette Mercedes » (et c'était vrai). Une fois ma phrase traduite au chauffeur, il prend l'épingle suivante avec les 4 roues en glisse et la voiture qui part de travers, mais le nez heureusement bien dirigé vers la sortie du virage. Je n'ai plus parle jusqu'à l'arrivée. (...)

Tiens, justement, une fois à Batumi, un peu tard, pas de traces du concert! Apres vote démocratique, on profite d'être a la plage pour se jeter a l'eau. Un bon bain dans la mer noire, ça vous remet d'aplomb! Tiens, ça me fait pense que j'ai oublié mon caleçon mouillé la bas!

 Bon, ce n’est pas tout, mais il faudrait penser à rentrer car le jour va se lever. On monte dans la voiture, on démarre et là, tout d'un coup, une phrase m'assomme : "et si on s'arrêtait boire des bières?" Ca ressemble quand même beaucoup au cliché de la virée de jeunes dans une grosse voiture, qui finit en pas d'un précipice, non ? Ben on l'a fait! On s’est arrêté dans une épicerie de nuit. Sauf que le chauffeur à pris du Coca. Voila qui m'a rassuré. "En fait, c'est vraiment un très bon pilote" me suis-je dit sur le retour....




Bon, c'est le petit matin. La "Pizza Georgienne  maison" (avec oeuf, fromage et crème fraîche à profusion) m'attend, et j'ai un bateau à prendre d'ici peu! Essayons de ne pas trop se laisser distraire par Sophika dans sa blouse qui ferme mal....

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Published by Le Chevalier Noir - dans jusqu'au Caucase en moto
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 17:36

Sous ce titre un peu niais (mais qui rime quand meme), se cache en fait mon veritable coup de coeur du voyage.

Encore une frontiere a passer, et je n'ai toujours pas la carte verte de la moto. En plus mes papiers indiquent que je devrais sortir vers l'Azerbaidjan, alors que je vais en Armenie. En fait, j'ai envie de dire LES passages de frontieres, parce qu'il y a la frontiere Georgienne, puis la frontiere Armenienne, le but du jeu etant de ne pas rester coince entre les deux.
Le jeune douanier Georgien qui controle mes papiers et me gratifie du coup de tampon salvateur me lance : "hey! ... you... biker... rock'n'roll !" ce a quoi j'acquiesce bien volontiers, tout en refusant poliement d'aller au poste frontiere Armenien sur la roue arriere comme ils me le suggerent.
La frontiere armenienne, justement, se passe aussi sans probleme : le visa s'obtient sur place rapidement pour une trentaine de dollars. Tout est reglo, et je me lasse presque des demandes systematiques de partir en wheeling ou au moins de faire un petit burn.

Me voila donc dans la montagne nord-armenienne, sous 2 ou 3 gouttes de pluie. Ca glisse enormement, pourtant, meme si l'essence n'est pas chere, les autochtones n'ont pas pour habitude de remplir leur reservoir au dessus du maximum comme en France. Pas de gazoil sur les routes donc, mais ca glisse quand meme. M'en fout, je vais a Erevan, c'est a 200km et j'ai l'apres midi pour faire la route, donc j'en profite pour admirer le paysage.

Eh bien vous savez quoi? C'etait moche! 
Plein d'industries lourdes, en activite ou non, datant de la grande epoque communiste, s'etalent dans le creux de la vallee le long de la route. 



Les "maisons" sont des cages a lapins, non entretenues, pour stocker les ouvriers laborieux. 
Parfois entre les tuyaux enchevetres, une petite porte laisse penser qu'une famille loge la au milieu. Sorte de bidonville technologique.

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Et puis en descendant plus vers le sud, je decouvre les grands plateaux vallonnes superbes. Le ciel se decouvre et illumine les habitations, transformant la pauvrete visible en charme indicible (C'est pas Aznavour, Armenien justement, qui chantait justement que "la misere est moins triste au soleil"?)

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Le temps de m'arreter prendre une photo, que voila 2, puis 4 petits gamins qui accourent vers moi a grands cris. Plusieurs choix s'offrent alors a moi :
1 : Je previens la police qu'une bande de souillons pietinent une propriete privee cultivable avec leurs chaussures crotteuses, tout en hurlant des mots qui ne sont meme pas dans le Petit Robert,
2 : Je range vite fait l'appareil photo hors de prix et decampe en vitesse (sur la roue arriere si necessaire) avant qu'ils ne m'agressent,
3 : Je vais me placer en haut de la coline et vais prendre des photos au teleobjectif,
4 : Je descends de la moto et cours a mon tour vers eux en dechirant mes vetements, j'hurle moi aussi des "boalalahhh" incomprehensibles et me roule avec eux dans les herbes folles pour communier pleinement avec mon environnement. (et parce que "c'est de rouler dans la rosee qui rend les bergeres jolies" (c) Joe Dassin)
5 : Je relis le chapitre 8 du tome 3 de Francoise Dolto sur la relation a l'enfant,
6 : Je retire mon casque, fais un grand sourire, tente un petit dialogue (qui se borne en general a l'echange de prenoms, savoir qui est le frere ou le cousin de qui, ma nationalite et la designation de leur maison)

Le temps de choisir la meilleure alternative qu'ils sont deja face a moi, tout aussi emerveilles que moi. Seule l'
option 6 reste donc valable et je m'execute avant que ne le fasse un milicien du Karabakh.
Ils m'autorisent quelques photo avec plaisir, et le leur promets a mon tour une surprise... je fouille dans mon sac pour en extraire un vieux Polaroid, et je les fais poser avec soin pour une photo instantanee. Ils sont surpris quand ils voient la feuille de papier sortir de l'appareil, puis emerveilles durant les 5 minutes qui suivent ou leur photo aparait doucement sous leurs yeux. Ils ne s'etaient probablement jamais vus en photo jusqu'a present.
Le probleme est a present de savoir a qui donner la photo. Je n'ai qu'un seul film polaroid, du coup, je ne peux pas me permettre de faire 4 photos. (La prochaine fois, je prendrai bien plus de films d'avance, car ces photos sont vraiment des cadeaux ideaux pour les gens que l'on rencontre). Je me decide et offre la photo a la fille la plus agee du groupe, en l'imaginant plus sage et responsable. Un dizieme de seconde apres qu'elle touche la photo, elle se met a courir vers sa maison, le "precieux" contre son coeur, avec les 3 autres qui lui courent apres... et disparaissent.

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Bienvenue en Armenie.

Ben c'est pas tout ca, mais le ciel se couvre a nouveau, et il faut que je trouve une pension a Erevan (la capitale). Je n'ai pas de GPS, et pas de carte non plus. Mon optimisme me dictait : "J'en acheterai bien une sur place". De toute facon, on n'en trouve pas en France, ni en Georgie et encore moins en Roumanie. Eh bien en fait, en Armenie, il n'existe pas non plus de carte routiere du pays! Je me debrouille avec les plans simplifies du Lonely Planet. Ca me fait un bon pretexte pour aller au devant des Armeniens pour demander ma route. De toute facon, le reseau secondaire est quasi inexistant, donc il y a peu de chances de se tromper.

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La pauvre signalisation est ecrite avec l'alphabet Armenien, different de l'alphabert Georgien, et est, dans le meilleur des cas, retranscrite en cyrilique. Heureusement, sur mon petit papier scotche au guidon (la ou normalement le GPS trouve place), j'avais aussi retranscrit les noms en alphabet Armenien. Et puis de toute facon, la direction de la capitale est toujours indiquee. La ou ca se corse, comme dirait Napoleon, c'est qu'une fois a Erevan, il n'y a plus une seule indication. Ah si, une fois j'ai eu le choix entre "ambassade des USA" (tout droit) et "Ambassade de France" (a gauche). C'est tout! A la fin, je ne savais plus du tout si j'etais a l'Est ou l'Ouest de la ville, d'autant que le soleil etait cache par les nuages qui fuient comme une chasse d'eau, alors que j'aurais prefere les voire fuir comme des lapins. Je demande a un chauffeur de taxi la direction, et il me repond : "France!" en francais. Je me demande comment il a pu reconnaitre ma nationalite, et je comprends apres mult palabres que l'on est en ce moment sur la "place de France", donc tout au nord de la ville, ma pension etant tout au sud.... mais au moins je sais ou je suis. ouf.

Sur le Lonely Planet etait indique que la pension se reconnait a la porte de garage blanche. Dans mon esprit interesse, "porte de garage" signifie qu'il y a un garage, et c'est pour cette raison que j'avais choisi cette pension la. En fait, je ne saurai jamais si c'est la cuisine qu'ils ont mis au garage ou le garage qu'ils ont mis a la cuisine. Toujours est il que la moto a dormi bien a l'abri, dans les bonnes odeurs de brochettes et de confiture.

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Il fait pas beau mais j'ai faim, donc je vais faire un petit tour rapide a pied a Erevan, la capitale armenienne. 
Bonne idee puisque j'ai encore droit a un petit cadeau : un arc en ciel juste sur la tour de l'horloge en plein centre.

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Bon, c'est pas tout ca, mais au petit matin, le beau temps est de retour et je compte bien en profiter pour une boucle de 350km vers le sud.
Comment vous dire ... c'etait tout simplement superbe et grand.

Je veux prendre une photo de la montagne au loin (en fait le sommet est en Turquie), mais je cherche un premier plan. Tiens, ce velo qui arrive tombe a pic. 

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Je prends ma photo en vitesse et il s'arrete a mon niveau. Euh... il n'aime pas etre pris en photo? Non il veut juste savoir quel est mon nom, d'ou je viens, et si je veux des biscuits souffles a la cacahouete qu'il tient dans son sac. Merci copaing!

Le sud de l'Armenie est plus sec que la Georgie. Suivant les versants on passe du jaune au vert. Mais on trouve bien autant de petites eglises, couvents, monasteres, cathedrales perches au milieu de nulle part.

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Rien a voir avec les eglises orthodoxes en Roumanies, surchargees d'icones et de dorures. Ici, on est dans le sobre. La pierre taillee. Pas de fioriture. Des inscriptions dans la pierre, incrustees pour l'eternite.
J'adore.

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608.jpgJe longe un immense lac, et tous les 100m, il y a un vendeur de poisson frais. Je mangerais bien un poisson grille, moi, justement! Les poissons sont vivants dans des petits viviers, sur le parking ou je me gare. Je demande a la vendeuse de poisson, avec des gestes sans equivoque, si elle fait aussi restaurant, et elle m'indique d'aller juste a cote. A cote, le restaurateur est tout content de m'accueillir dans sa petite piece qui sent encore la peinture (j'ai l'impression d'etre son tout premier client tellement il ne semble pas encore rode a son metier) mais il me fait comprendre qu'il n'a pas de poisson. C'est bien ma veine.
Il me prend en fait par la main et on retourne chez la vendeuse de poisson (qui est en fait sa femme) pour choisir la bestiole qui finira dans mon assiette une demi heure plus tard sous forme d'une brochette succulente. Miam.
 
Si la Georgie propose toujours sur la table un bol de "ketchup Georgien", les Armenien ne restent pas en reste avec un succulent "ketchup Armenien", compose de legumes eminces et epices, mijotes de longues heures. Tout en me lechant les babines, je felicite la cuisiniere (la vendeuse de poisson, si vous suivez), pour son fameux ketchup. Elle apprecie mon compliment en rougissant legerement. Dix minutes plus tard, un pick up s'arrete devant le restaurant pour livrer la commande... et en particulier 4 bocaux de 5kg de ketchup Armenien industriel. A ce moment, je ne sais pas si c'est elle ou moi qui s'est senti le plus mal, mais nos regards se sont juste croises  furtivement avec un sourire gene...

Tiens, un bruit de moto! Je n'en avais pas encore vu en Armenie. Je sors en vitesse alors que l'equipage se gare justement a cote de mon DR-Z en plastique. Chacun detaille la moto de l'autre avec interet et est surpris de trouver un huluberlu roulant su "ca". Discussion a present classique (echange des prenoms, nationalite, modele de moto...), poignee de main genereuse, et je les retrouverai quelques heures plus tard, par hasard, affaires autour du moteur de leur Oural. Malheureusement, lorsque le leur propose de m'arreter les aider (au moins proposer des outils parce qu'ils sauront de toute facon bien mieux que moi comment repartir) ils me font signe que c'est OK, et que je peux continuer ma route. Domage, j'aurais du insister, mais ca aurait peut etre ecorne un poil leur amour propre de motard de ne pas etre capable de se debrouiller tout seul. Je trouverai bien d'autres motards Armeniens plus tard...

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Je reprends donc ma route et suis emerveilles par les eglises superbes en pierres taillees.

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et par les paysages incroyables, tantot doux inspirant un fond d'ecran Windows, parfois plus durs et moins hospitaliers.

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Je finis mon tour par le bord du lac Sevran. 
On m'avait dit : "Tu verras, c'est beau". J'ai vu. C'est tres beau, d'autant que le soleil etait enfin plus bas et n'ecrasait pas tous les reliefs comme un rouleau compresseur.

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Derniere nuit a Erevan, et je reprends le chemin du retour. Echaude par la vallee industrielle pluvieuse, je prends le chemin des ecoliers, vers un poste frontiere situe sur une route non goudronnee. Bien m'en a pris!
Voila l'occasion de venir a la rencontre d'apiliculteurs itinerants. 

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Ils trimbalent leur roulotte et les ruches au fur et a mesure des saisons pour offrir le meilleur des pollens a leurs abeilles, et vivent comme des gens du voyage jusqu'a l'hiver. Ca n'a pas loupe, apres 5 minutes ils me proposaient de venir boire un verre de vodka dans la roulotte. Decidement, on voit que l'on se rapproche de la Georgie!

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A cote de ces artisans itinerants, dans les memes champs colores, restent les grandes batisses communistes des anciennes exploitations communautaires, aujourd'hui vides et desertees.

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Sur la belle piste qui ma ramene a la frontiere, en haut d'une colline, j'apercois des tas de ferraille qui s'averent etre encore 2 Ourals. En fait, il y en a meme un 3eme, en pieces detachees, reparti dans les 2 panniers. Je ne m'arrete pas et les attends un peu plus bas pour les prendre en photo en train de rouler. 

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En passant, voyant mon interet, ils me font signe de les suivre. Voila une invitation qui ne se refuse pas! Dix kilometres plus loin, ils arrivent chez eux, dans le dernier village d'Armenie avant la frontiere georgienne, et on peut donc discuter. Ils reviennent de la capitale ou ils ont passe la nuit et ont achete ce 3eme side car. 

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Ils pouffent lorsqu'ils me demandent le prix de ma moto (achetee 3900 euros que j'arrondis en general a 3000 dollars) et m'annoncent que leur side car a ete achete 500 dollars. Pour sur, c'est une affaire, mais je serais encore en Turquie avec un tel engin. 

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Enfin, j'accepte avec plaisir leur cafe et refuse poliement l'invitation a manger mais je leur offre a chacun une photo polaroid qui les ravit.

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L'impression que m'a laisse l'Armenie, par rapport a la Georgie, c'est que l'Armenie est bien plus pauvre, et plus figee aussi. Les Georgien sont dans une dynamique d'evolution, et le pays est en train de changer, mais l'Armanie, en conflit avec son voisin l'Azerbaidjan, semble grave ainsi dans la pierre comme les murs des eglises.

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Alors, qu'est ce qu'il me reste de l'Armenie?
Les rencontres, pour sur, les paysages grandioses, les eglises sobres taillees dans la pierre...
Un coup de coeur, pour sur.

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 20:42
La reunion des motards de Tbilisi s'est bien deroulee, avec 5 motos a l'appel (dont la mienne). 
Comme quoi la communaute motarde n'est pas bien grande ici.


L'occasion de faire la connaissance de Lucien, francais vivant ici depuis 1 an et demi, et qui sera un peu ma porte d'entree dans la communaute.


Mais je ne desire pas m'eterniser ici. Je compte prendre la route pour filer au nord, dans le Caucase, jusqu'a un petit village que l'on m'a conseille, le dernier village Georgien avant la frontiere Russe, exactement au debut de la Tchetchenie.

En route donc pour decouvrir ces montagnes majestueuses. Lucien me sert de guide sur les premiers 60km.
Ca aide bien parce qu'en ville il n'y a aucune indication, et en chemin, ca n'est pas toujours tres explicite:

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Ca ne ressemble ni aux Alpes ni aux Pyrennees.


Des grands pans de prairie verte, des efondrements impressionnants, et des pics dignes du Mordor qui se perdent dans les nuages.

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Cette route vers le nord, route mythique, porte le nom d'Autoroute militaire
J'ai connu plus romantique... D'autant que ca n'a vraiment rien d'une autoroute :

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Par contre, comme tres souvent en Georgie, il y a plein de petites eglises mignonettes eparpilles de ci de la...

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Avec la pluie, j'arrive au fameux dernier village Georgien avant la frontiere : Kazbegi.
Dans l'autre direction, le prochain village est tchetchene : Vladikavkaz.
Pour l'occasion j'ai sorti mon beau tee shirt "NON au motard d'elevage" pour faire un clin d'oeil aux copains de http://www.motorhino.com/

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Il y a bien un petit hotel dans le village qui sert de campement de base a l'assention du mont Kazbeg, mais je prefere demander dans le village ou se trouve le logement d'une personne indiquee dans le Lonely Planet.
Echec. Le prenom est tres commun semble t il, et meme si une demi douzaine de personne y mettent du leur, on ne trouve pas. Pas grave, je vais a l'hotel. C'est grand, joli, classe et ca parle anglais. Par contre a 65 Lari la nuit, ca ne correspond pas trop a mes projets. Je retourne donc sur la place du village ou une petite vieille m'interpelle. Elle a bien compris a mon manege que je cherche ou manger et dormir et me propose la maison de sa belle fille de l'autre cote de la riviere. Autant dire que c'est exactement le genre d'offre que j'esperais!
Elle, la belle fille, dans sa grande robe rouge,  est une grande blonde radieuse lorsqu'elle sourit et glaciale lorsqu'elle ne sourit plus. Elle incarne tout a fait ce que l'on peut imaginer du charme et de la froideur slave. David, le mari parle lui un peu anglais et me montre mes quartiers : une piece immense, avec deux lits, au premier etage de leur maison.

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Attendant avec impatience le diner, je vais prendre une douche dans la salle de bain familiale (il y avait meme l'eau chaude!) et je joue dans un coin de ma chambre qui m'inspire avec l'appareil photo :

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Ne vous fiez pas aux aparences. Tout va bien! Je profite du calme de la montagne...


Le lendemain matin, la meteo n'est pas bien mieux. Un petit chemin offre une ballade d'une heure pour aller voir une eglise perdue plus haut. J'essaie d'y aller en moto, pris en sandwish entre le brouillard qui monte et la pluie qui tombe.

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Mais je ne regrete pas l'escapade.

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La redescente vers le village se fera tout en douceur.

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Une petite incursion vers la Russie pour apercevoir au loin un premier barage (en regardant bien vous verrez des baraquements tout en bas) et les pipelines de gaz (les lignes horizontales)
La frontiere est fermee dans tous les cas pour les non Russes et non Georgiens.

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Je reviens sur la place du village ou je passe une heure la, avec ma bouteille d'eau, a discutailler avec la petite vieille qui a defaut de parler anglais, vend de bons gateaux et qui m'offre deux pommes en attendant... attendant quoi? Moins d'eau, une meilleure lumiere pour des photos...

J'en profite pour regader l'etrange ballet de voitures qui passent vers la Tchetchenie...
Quelques vehicules militaires bien sur (a noter que le treilli est semble t il le top de la mode, puisque la moitie des gens, meme dans les champs, en portent), quelques ambulances 4x4 de la croix bleue (ou verte, je ne sais plus), et puis de temps en temps, a une vitesse plus soutenue que les camionettes, des 4x4 Mercedes aux vitres fumees avec un autocollant "CD" version king size sur le pare brise indiquant qu'il s'agit de vehicules diplomatiques.
J'ai alors le sentiment etrange que l'on apporte sur la meme route les munitions et les pensements, les poignees de dollars (pour alimenter la guerilla) et les textes de paix. Toute l'hypocrisie de la guerre passe sous mes yeux. Il est temps de rentrer.

En route, j'essaie un bonnet de berger en peau de mouton. 

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Le petit vieux que mon manege amuse fera finalement le kilometre suivant en passager a l'arriere de la moto. Avant meme qu'il ne me fasse une bise pour me remercier, je sentais deja qu'il avait pris son petit dejeuner a la Vodka. Je refuse poliement son invitation a venir boire un verre et dormir chez lui et reprend ma route.

Ca vaut d'autant plus le coup, qu'une source chargee de souffre a colore les pierres sur le bord de la route


Eh oui, s'il y avait bien des barbiers en Turquie, je n'en ai pas encore trouve en Georgie.

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Demain, depart pour l'Armenie. Peut etre trouverai-je un barbier la bas?
(Vous avez vu comme je fais des efforts pour maintenir le lecteur assitu en haleine?)
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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 09:27
Quel drole de nom... C'est pourtant la capitale de la Georgie.

A peine arrive la, que Bruno, un Francais exportant le savoir faire culinaire francais, installe la depuis quelques annees, me recoit et m'offre une douche en attendant le retour de Sebastien qui va m'heberger. Merci encore a www.couchsurfing.com qui m'a permis de rentrer en contact avec eux!
Il y a une veritable "french connection" a Tbilisi et les voyageurs sont aides avec grand devouement. L'occasion de faire le point sur les excursions a prevoir... et a annuler. En particulier, tout le monde semble parler d une meme voix pour dire que l'Azerbaidjan n'est pas super interessant et que les gens n'y sont pas specialement sympas non plus. Le visa est facile a obtenir mais il est a present a 100$. ouch. Domage, j'aurais bien aime tremper mes pieds dans la Caspienne, mais je vais suivre leurs conseils. Ca evitera de courir et de faire trop de kilometres aussi.

Profitons donc d'une visite de Tbilisi. La vieille ville est superbe avec ses balcons en bois, les cours interieures ou de deroule toute une vie communautaire. 

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Des eglises de tout age et dans tous les etats au detour des ruelles, et les gens charmants, parlant tres rarement anglais.

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La ville "moderne" et a la mode est comme toute grande ville : plutot jolie et sans interet particulier, si ce n'est les nombreuses statues toutes mignones cahees dans les recoins.

Premier soir, on va au restaurant, et pour le coup j'etais bien contant de ne pas etre seul, car la carte ecrite en Georgien (ils ont leur propre alphabet et une langue vraiment differente du russe) ne me sert pas a grand chose.
On mangera tres tres bien, plein de choses differentes...

Sebastien m a done donne les clefs de son appartement et je navigue la au milieu. Deja une petite discussion avec la petite vieille voisine de palier, et puis tout en bas, il y a ceux qui me suggerent avec instanance d'attacher la moto a leur balcon pour qu'elle soit vraiment en securite... 

Premier probleme administratif : lorsqu'on entre en Georgie avec son vehicule, c'est pour 10 jours maximum, et il faut indiquer le point de sortie. J'avais donne la frontiere Azeri, mais puisque je ne veux plus aller la bas, voila qui complique les choses. La frontiere etant proche je vais sur place pour expliquer mon probleme. Ils sont tres comprehensifs et reconnaissent qu'en effet, c'est un probleme. Comme pour se debarasser de moi, ils me donnent un numero de telephone d'une "hotline" qui ne parle probablement pas anglais. Me voila bien avance.
Le temps de remettre mon casque et de rebrousser chemin, depite, un des douanier revbient a moi et me suggere d'appeller des a present. Je m'execute et au bout du fil ca parle anglais a peu pres. Avec le douanier qui prend le telephone a son tour et on semble denouer la situation. Il faudra juste que j'appelle pour avoir confirmation de mon point de sortie. ouf.

Bon, je dois partir, il y a la reunion des motards de Tbilisi qui va commencer et je voudrais aller voir ca de pres!

Pas trop de photos cette fois, parce que j'ai du les transferer sur un disque dur portable que je ne peux pas relire ici...
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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 23:04

Batumi, c'est la premiere ville de Georgie.

Eh oui, je suis passe sans les papiers d'assurance!
Juste une dizaine de tampons sur des papiers divers, et me voila libre en Georgie.

Premier arret a la pompe : y'a 3 essences possibles : Regular, Premium et Extra Premium. Euh... vous auriez pas du sans plomb 95? Heureusement que je n'ai pas une moto catalysee ou avec un taux de compression super important. Dans mon cas a peu pres tout doit fonctionner, je prends donc l'essence intermediaire a 0,70 euro le litre.

Batumi est LA ville balneaire de Georgie. Les russes viennent aussi la en ete. Mais heureusement la haute saison n'est pas commencee, et tout est calme.
Premier arret pour chercher ma route dans la banlieue sombre, triste et moribonde. Un gars devinant mon embaras (avec la carte ouverte devant moi, c'est assez evident) m'interpelle de loin, puis s'approche tout en gardant sa grosse voix. Un autre le rejoint, et au bout d'une minute, ils sont une dizaine autour de la moto, en paquet serre, en s'enguirlandant mutuellement parce qu'ils ne savent pas ou se trouve l'hotel Pyramide que j'avais repere dans le guide. A ce moment, je ne suis pas trop rassure, mais je repartirai avec les bonnes indication et des poignees de main chaleureuses et viriles. Ca sera mon premier contact avec la Georgie.

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A l'hotel. on m'explique en russe (parce qu'ils voient bien que je ne parle pas un mot de Georgien, mais ils ne se doutent pas encore que je ne connais rien du russe non plus) qu'il n'y a pas d'eau pour prendre sa douche, a cause d'une defaillance du systeme de la ville, et que donc le probleme sera le meme partout. Bon... soit... j'en deduis simplement : "ce soir je vais puer". 

Je demande ou mettre la moto, pour qu'elle soit en securite, et on cherche avec Murat (le gars a tout faire de l'hotel) ou la mettre. Je suggere de la rentrer directement dans le hall de l'hotel, mais il pense que ca n'est pas assez sur, parce que les gens pourraient la voir de la route, et les eventuels clients passeraient devant. Voila qui est guerre rassurant pour la securite en Georgie. Finalement on la mettra dans une cour d'ecole, 2 pates de maison plus loin, en laissant un billet au gars qui loge la.

De retour a l'hotel, ayant sympatise avec Murat, le voila qui se glisse dans ma chambre en douce et me fait comprendre de preparer une serviette pour aller prendre une douche vite fait sur le palier. En effet, en face de l'hotel, sur le meme palier, un grand appartement a une salle de bain ... avec de l'eau qui coule. Il m'explique que j'ai 5 minutes et qu'il y a de l'eau chaude.... Je ne saurai pas si cet appartement a un veritable lien avec l'hotel ou si c'est une douche volee. Toujours est il qu'elle a fait du bien!

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Je profite d'etre en Georgie pour appeller Bruno, un Francais qui habite la capitale depuis longtemps et qui s'etait propose de m'heberger. Il me dit que puisque je suis a Batumi, je devrais appeler une certaine Sophika francophone pour aller visiter la ville. Ni une ni deux, on se donne rendez vous une heure plus tard pour passer la soiree ensemble, avec sa charmante copine Oxana.

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Super soiree!

L'occasion aussi de rencontrer un de leur copain qui est la moitie du temps en mer, par coup de 4 mois, sur des tankers petroliers, et qui devrait passer capitaine bientot...

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Une super soiree qui se terminera encore tard...

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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 22:44
La Turquie est un pays moderne, ouvert, touristique et tout et tout... C'est l'image qu'on en a chez nous en tout cas.
Mais cela ne concerne qu'une partie de la Turquie.
A l'Est, les droits de l'hommes representent au mieux un texte interessant, mais surement pas une valeur en soi. Les traditions sont tres fortes, et les "crimes d'honneur" se produisent encore courament.
Ajoutons a cela une reprise importante du terrorisme et la region du sud est qu il faut absolument eviter, la proximite de l'Iraq apportant sa contribution au terrorisme.

Voila l'image que j'avais. En fait, tout ca est vrai, mais je n'ai rien vu de tel.

Je n'ai vu qu'une route superbe, bien que souvent toute droite dans les plaines.
Une route en bon etat et quasi deserte.

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Et des gens toujours accueillants!
par 3 fois on m'a invite avec insistance a venir boire le the avec le pompiste, par exemple...

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C'est d'ailleurs chez Mustafa, rencontre grace a www.couchsurfing.com, que j'ai passe la nuit en route.

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Une soiree a essayer de comprendre le declin de l'Empire Otoman, les relations internationales actuelles...

Je n'ai toujours pas mes papiers d assurances de la moto. Je risque donc de me faire refouler a la frontiere Georgienne demain. Si cela arrive, je resterais dans le coin le temps de la recevoir, au bord de la mer noire, et Mustafa me confirme que cette region est magnifique. Je vaius finir par esperer ne jamais recevoir cette carte verte moi!
Bon, il est 2 heures du mat, j'ai fait 700km aujourd'hui, il est temps de sortir le sac de couchage, car demain : direction Georgie
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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 22:23
Y'a un bruit... une vibrations...

ca fait quelques centaines de kilometres que j'essaie d'en faire abstraction, mais il faut bien se rendre a l'evidence : il y a bien un truc.
En roulant, je maintiens le tete de fourche, les cligos, meme le garde boue avant, les ecopes de radiateurs, le sabot... mais ca ne change rien au bruit.
C'est comme une piece mal serree qui dans certaines conditions vibre. Comme une rondelle sur une vis non serree.
Pourtant, a l'arret, j'ai tout controle et rien ne bouge.
J'ai du heriter du syndrome paternel qui consiste a trouver la source de tous les bruits pour les eradiquer!

Et puis la, en roulant, tout d'un coup, une idee me vient et me fait froid dans le dos : et si c'etait du cliquetis? Un point chaud sur la calote du piston qui fait exploser le melange avant meme l'etincelle de la bougie.
Dans un sens, trouver l'origine du bruit est une bonne chose, mais par contre le cliquetis peut tuer le moteur (piston perce par exemple)
Je commence a m'en vouloir d'avoir fait tout ce chemin sur l'autoroute.

Bon, il faut reagir avant qu'il ne soit trop tard.
Le cliquetis peut etre du a : 
 - une avance foireuse (la, je ne vois pas trop comment ca pourait tant se deregler), 
 - une chaleur trop importante, due par exemple a un melange trop pauvre (je pourais toujours remonter l'aiguille du carbu, d'autant qu'il me semble que ce cliquetis arrive lorsque je suis sur un fillet de gaz et non gaz ouvert en grand)
- une essence de mauvaise qualite (tiens, ben justement c'est la premiere fois que je roule en Turquie...)
- un taux de compression trop important (J'ai pas change le joint d'embase par celui du DR-Z400E comme le font pas mal d'autres pour gagner en compression, donc je devrais avoir une marge suffisante...)

Bref, a une station service, je m'arrete devant un petit batiment qui abrite des demi veaux, et depite je refais le tour de la moto en cherchant les meilleurs solutions.

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A triturer un peu partout, je bouge un peu la chaine de la moto et ... ouaou.. elle est super detendue!

2 minutes plus tard, la chaine est retendue et la moto ne fait plus de bruit suspect.
Finalement la moto n'a donc rien! tout va bien! Juste une bonne frayeur...
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