La reunion des motards de Tbilisi s'est bien deroulee, avec 5 motos a l'appel (dont la mienne).
Comme quoi la communaute motarde n'est pas bien grande ici.

L'occasion de faire la connaissance de Lucien, francais vivant ici depuis 1 an et demi, et qui sera un peu ma porte d'entree dans la communaute.

Mais je ne desire pas m'eterniser ici. Je compte prendre la route pour filer au nord, dans le Caucase, jusqu'a un petit village que l'on m'a conseille, le dernier village Georgien avant la frontiere Russe, exactement au debut de la Tchetchenie.
En route donc pour decouvrir ces montagnes majestueuses. Lucien me sert de guide sur les premiers 60km.
Ca aide bien parce qu'en ville il n'y a aucune indication, et en chemin, ca n'est pas toujours tres explicite:

Ca ne ressemble ni aux Alpes ni aux Pyrennees.

Des grands pans de prairie verte, des efondrements impressionnants, et des pics dignes du Mordor qui se perdent dans les nuages.

Cette route vers le nord, route mythique, porte le nom d'
Autoroute militaire J'ai connu plus romantique... D'autant que ca n'a vraiment rien d'une autoroute :

Par contre, comme tres souvent en Georgie, il y a plein de petites eglises mignonettes eparpilles de ci de la...
Avec la pluie, j'arrive au fameux dernier village Georgien avant la frontiere : Kazbegi.
Dans l'autre direction, le prochain village est tchetchene : Vladikavkaz.
Pour l'occasion j'ai sorti mon beau tee shirt "NON au motard d'elevage" pour faire un clin d'oeil aux copains de
http://www.motorhino.com/
Il y a bien un petit hotel dans le village qui sert de campement de base a l'assention du mont Kazbeg, mais je prefere demander dans le village ou se trouve le logement d'une personne indiquee dans le Lonely Planet.
Echec. Le prenom est tres commun semble t il, et meme si une demi douzaine de personne y mettent du leur, on ne trouve pas. Pas grave, je vais a l'hotel. C'est grand, joli, classe et ca parle anglais. Par contre a 65 Lari la nuit, ca ne correspond pas trop a mes projets. Je retourne donc sur la place du village ou une petite vieille m'interpelle. Elle a bien compris a mon manege que je cherche ou manger et dormir et me propose la maison de sa belle fille de l'autre cote de la riviere. Autant dire que c'est exactement le genre d'offre que j'esperais!
Elle, la belle fille, dans sa grande robe rouge, est une grande blonde radieuse lorsqu'elle sourit et glaciale lorsqu'elle ne sourit plus. Elle incarne tout a fait ce que l'on peut imaginer du charme et de la froideur slave. David, le mari parle lui un peu anglais et me montre mes quartiers : une piece immense, avec deux lits, au premier etage de leur maison.

Attendant avec impatience le diner, je vais prendre une douche dans la salle de bain familiale (il y avait meme l'eau chaude!) et je joue dans un coin de ma chambre qui m'inspire avec l'appareil photo :

Ne vous fiez pas aux aparences. Tout va bien! Je profite du calme de la montagne...
Le lendemain matin, la meteo n'est pas bien mieux. Un petit chemin offre une ballade d'une heure pour aller voir une eglise perdue plus haut. J'essaie d'y aller en moto, pris en sandwish entre le brouillard qui monte et la pluie qui tombe.

Mais je ne regrete pas l'escapade.

La redescente vers le village se fera tout en douceur.
Une petite incursion vers la Russie pour apercevoir au loin un premier barage (en regardant bien vous verrez des baraquements tout en bas) et les pipelines de gaz (les lignes horizontales)
La frontiere est fermee dans tous les cas pour les non Russes et non Georgiens.
Je reviens sur la place du village ou je passe une heure la, avec ma bouteille d'eau, a discutailler avec la petite vieille qui a defaut de parler anglais, vend de bons gateaux et qui m'offre deux pommes en attendant... attendant quoi? Moins d'eau, une meilleure lumiere pour des photos...
J'en profite pour regader l'etrange ballet de voitures qui passent vers la Tchetchenie...
Quelques vehicules militaires bien sur (a noter que le treilli est semble t il le top de la mode, puisque la moitie des gens, meme dans les champs, en portent), quelques ambulances 4x4 de la croix bleue (ou verte, je ne sais plus), et puis de temps en temps, a une vitesse plus soutenue que les camionettes, des 4x4 Mercedes aux vitres fumees avec un autocollant "CD" version king size sur le pare brise indiquant qu'il s'agit de vehicules diplomatiques.
J'ai alors le sentiment etrange que l'on apporte sur la meme route les munitions et les pensements, les poignees de dollars (pour alimenter la guerilla) et les textes de paix. Toute l'hypocrisie de la guerre passe sous mes yeux. Il est temps de rentrer.
En route, j'essaie un bonnet de berger en peau de mouton.

Le petit vieux que mon manege amuse fera finalement le kilometre suivant en passager a l'arriere de la moto. Avant meme qu'il ne me fasse une bise pour me remercier, je sentais deja qu'il avait pris son petit dejeuner a la Vodka. Je refuse poliement son invitation a venir boire un verre et dormir chez lui et reprend ma route.
Ca vaut d'autant plus le coup, qu'une source chargee de souffre a colore les pierres sur le bord de la route

Eh oui, s'il y avait bien des barbiers en Turquie, je n'en ai pas encore trouve en Georgie.
Demain, depart pour l'Armenie. Peut etre trouverai-je un barbier la bas?
(Vous avez vu comme je fais des efforts pour maintenir le lecteur assitu en haleine?)